Le MEXIQUE COLONIAL
(deuxième partie)

par

Gervais D'Astous

 

À quelques 60 kilomètres à l’ouest de Morelia, le Lago Patzcuaro gît au cœur même de l’empire des Indiens Purépechas. Parmi ses trois anciennes capitales, la ville de Patzcuaro, érigée sur ses rives, renferme une architecture coloniale exceptionnelle. Son zocalo, aussi nommé grande place, est l’un des plus beaux de tout le pays. Parmi les nombreux monuments historiques qui le bordent, on peut encore voir la résidence du dernier empereur tarasque, ancêtre des indiens Purépechas. Plusieurs jours sont nécessaires pour visiter cette ville et ses environs. La visite des sites historiques tarasques ou espagnols autour du lac vous aideront à mieux comprendre l’histoire de ce coin de pays.

 

 

 

 

Les ruines de Tzintzuntzan, l’île de Jaracuaro, là où les rues sont à peine la largeur d’une petite voiture, ne manqueront pas de vous séduire. L’Île de Janitzio au milieu du lac, mérite une visite et vous permettra de voir des pêcheurs se servant encore de filet de pêche en forme de papillons.

 

 

 

 

Une excursion à la ville mono industrielle de Santa Clara del Cobre, où tous les artisans sont spécialisés dans le travail du cuivre, est incontournable. Tout le travail se fait à la main, employant encore de nos jours, des techniques préhispaniques. Avant de quitter cette ville attachante, il faut voir sans faute, la danza de los viejitos (la danse des petits vieux) Exclusive à la région, c’est un spectacle que vous n’oublierez de sitôt.

 

 

En route vers la ville d’Uruapán, le site préhispanique de Tingambato, datant des années 450 de notre ère, mérite un arrêt. Quoique modeste, il est quand même un des plus importants du Mexique occidental. Uruapán, qui veut dire printemps éternel, mérite bien son nom. Réservez-vous quelques jours pour visiter cette région. Situé au centre ville, le parc national Eduardo Ruiz abrite les sources de la rivière Cupatitzio qui le traverse. Contempler ses chutes, marcher ses sentiers, le long de ses rives luxuriantes, en font un endroit plus que magique. Un autre endroit envoûtant à ne pas manquer, est le volcan Paricutín. Un jour, en février 1943, la terre se mit à trembler, à projeter de la poussière, de la vapeur et des étincelles. Un paysan purépecha qui labourait son champ, tenta de recouvrir le tout, mais l’entreprise s’avérant impossible, il s’enfuit. Un an plus tard, un nouveau volcan, faisant 410 mètres de hauteur était né et avait recouvert deux villages entiers.

Seule l’Église de San Juan Parangaricutiro est partiellement visible. Si vous aimez les cascades, celle de Tzararacua ou de Tzararacuita , à 10km au sud de la ville, sont un magnifique endroit pour pique-niquer. Pour les amateurs, la ville de Paracho, 40km au nord d’Uruapán, est mondialement connue pour ses guitares artisanales.

D’Uruapán, l’autopista 37D nous amène en quelques heures, directement sur le Pacifique et la station balnéaire d’Ixtapa. Bien connu des amateurs de plage et de forfait tous compris, c’est une ville artificielle. Zihuatanejo sa jumelle, est beaucoup plus coquette. C’est une vrai petite ville, avec ses marchés, ses cafés terrasses et sa promenade sur le front de mer. Vous pouvez y marcher, flâner, magasiner etc. De plus, de nombreux petits hôtels et de très bons restaurants abondent à des prix plus qu’intéressants. C’est un bel endroit pour passer quelques jours ou même quelques semaines de détente et pourquoi pas jouer au touriste. Beaucoup de nord américains y passent l’hiver. Si vous voulez goûter à des tortillas faites à la main, comme on le faisait avant l’arrivée des blancs, payez-vous une balade au petit resto El Mirador, à une heure de route au sud d’Ixtapa, en direction d’Acapulco. Comme il n’y a pas encore d’électricité dans le coin, c’est probablement votre seule chance d’en manger. Fourrée avec des crevettes ou autrement, c’est du vrai bonbon. Rien à voir avec la galette fabriquée à la machine que l’on vend maintenant au supermarché.

En voyage, même si l’endroit où nous sommes est adorable, il faut toujours partir avant de prendre racine. Nous entreprenons donc notre voyage de retour en longeant la mer, direction Puerto Vallarta. Si vous avez du temps, beaucoup de petits villages offrent gîte, restauration et plage. Ces endroits sont surtout fréquentés par les Mexicains. Pour les amateurs de volcans, l’attrayante ville de Colima vaut le détour. En prime, vous pourrez visiter quelques musées et boutiques d’art, ce qui fait défaut le long de la côte.

La ville industrielle de Manzanillo fait des pieds et des mains pour attirer et garder les touristes, mais elle n’a pas beaucoup à offrir hormis sa belle plage. Barra de Navidad, Melaque, La Manzanilla, sont tous des endroits prisés des voyageurs autonomes. Le charmant petit village de Perula, dans la Bahia Chamela est notre préféré. Quelques heures de route plus tard, nous voilà déjà à Puerto Vallarta.

La station balnéaire de Puerto Vallarta est très populaire auprès des touristes. Nombreux sont ceux qui y passent l’hiver. Se faire bronzer sur la plage est l’activité la plus répandue Le vieux centre ville et l’Île Cuale regorgent de boutiques de toutes sortes. Les agences de voyages offrent maint forfaits, soit de pêche en haute mer, soit visiter la jungle ou autres. Si vous avez un bon véhicule, rien de mieux que de sortir des sentiers touristiques. Un jour, mon épouse et moi avons emprunté par la montagne une route ou plutôt un sentier qui nous conduisit en une journée à la petite ville de Mascota. C’est gens n’ont pas l’occasion d’accueillir des touristes souvent. Nous y fûmes reçus comme des rois. Le maire de la ville ayant entendu dire qu’il y avait des voyageurs dans le coin, vint nous saluer alors que nous prenions notre souper au restaurant, et nous paya un trou normand. De plus, il nous invita à le rencontrer à l’hôtel de ville le lendemain à 10hr. Fidèle au rendez-vous, après quelques mots de bienvenue, il mit sa secrétaire à notre disposition pour nous servir de guide le reste de la journée. Comment après cela, ne pas aimer ce peuple accueillant et chaleureux. Pendant cette même virée, alors que je demandais à un vieux monsieur qui maillait un filet de pêche pourquoi il employait de temps à autre des fils de couleur, il me répondit, parce que c’est plus beau. Heureux poissons.


Nous longeons toujours le Pacifique, direction nord. Rincon de Guayabitos est une petite station balnéaire très appréciée des Canadiens de l’ouest. San Blas sera notre prochain arrêt. C’est ici que le surnom (gringos) fut prononcé pour la première fois. A la fondation de la ville, au XVI siècle, le très important fort de San Blas était sur le bord de l’eau. Aujourd’hui, il est à 4kms de la rive. Pendant la guerre avec le Mexique, alors que les Américains débarquaient pour attaquer le fort, les indiens vinrent avertir les défenseurs de la forteresse que les (green go)(green à cause de l’habit vert des fantassins) attaquaient.

 

 

 

 

De San Blas, nous ne sommes qu’à une heure de route de l’île Mexcaltitlan, berceau du peuple Aztèques. Parfois nommée la Venise du Mexique, l’île possède musée, restaurants et autres. On y accède par bateau seulement et il n’y a aucune voiture, car dans les grandes marées, les rues sont inondées. Voilà un petit village fascinant. L’histoire raconte qu’un jour, l’île étant devenue trop petite, un prêtre songea qu’il devait conduire son peuple sur la terre ferme et marcher jusqu’à ce qu’il voit un aigle perché dans un cactus tenant un serpent dans ses serres. Après des années et des années de marche, il aperçut enfin ce qu’il cherchait sur le bord du lac Texcoco. Et c’est ainsi qu’est né la ville de Tenochtitlan, aujourd’hui Mexico. Actuellement, l’aigle tenant le serpent apparaît sur le drapeau mexicain.

 

 

D’ici, il y a deux trajets pour retourner au U.S.A. Si l’on continue vers le nord, il faut faire un arrêt à Mazatlán. Surnommé la Perle du Pacifique, Mazatlán est une ville moderne, propre et très estimée des Gringos et des Canadiens de l’ouest. Ses plages sont magnifiques, quoique l’eau soit un peu froide durant les mois d’hiver. Excursions, pêche en haute mer, boutiques, tout est en place pour retenir les visiteurs. Toujours plus nord, il ne faut pas manquer l’excursion par train qui va de Los Mochis à Creel et le Barranca del Cobre (Canyon du Cuivre). Chef d’œuvre d’ingénierie, la ligne de chemin de fer passe sur une distance d’environ 350kms, par quelque 86 tunnels et plusieurs dizaines de ponts. Parti au niveau de la mer, nous atteignons à l’arrivée à Creel, une altitude de 2338 mètres. Quelques jours sont nécessaires pour profiter des excursions offertes.

 

 

 

Cinquante mille Indiens Tarahumaras vivent encore dans les grottes des canyons ou dans des cabanes en bois selon leurs traditions ancestrales. Ce sont eux les fameux indiens coureurs. Capable de courir 160kms sans aucun arrêt, on dit qu’ils chassaient le daim en épuisant la bête à la course. Les paysages sont époustouflants. Le canyon le plus profond, près de Divisadero, à 2300 mètres de profondeur, n’est accessible qu’à pied.

 

 

 

 

 

Encore plus nord, à Navojoa, un petit détour par Alamos s’impose. La ville entière est classée monument historique. Son architecture remarquable et bien restaurée fait le bonheur des Américains qui l’on adopté. C’est une place de choix pour observer les oiseaux. Nous nous dirigeons ensuite vers Nogales et le Nouveau Mexique.
 


L’autre route, à partir de San Blas nous amène à Guadalajara, deuxième ville du Mexique, et dit-on la plus mexicaine. Ici encore, l’architecture coloniale est magnifique. Plusieurs jours sont nécessaires pour visiter cette ville tant elle regorge de musées, sites culturels et autres attraits.

 

 

 

 

 

Centre d’achats, boutiques, restaurants, tout est là pour votre plaisir. Et comme partout au Mexique, vous pouvez passer des heures au zocalo à flâner, marcher ou regarder vivre les locaux. Vous n’aurez pas assez d’une journée pour faire le tour marché d’artisanat de Tlaquepaque. Vous y trouvez de tout et les produits sont de qualité. Le jeudi par contre, le marché de Tonalà vous offre des aubaines imbattables, et vous aurez besoin de toute votre journée pour en faire le tour. A quelques kilomètres au nord de Guadalajara, vous pouvez à Tequila visiter une usine et tout apprendre sur cette populaire boisson mexicaine.
 

 

 

 

Une autopista nous conduit directement à Aguascalientes, ville qui doit son nom à ses sources d’eau chaude. C’est autour du zocalo qu’on retrouve le palais du gouvernement, la cathédrale et plusieurs musées. Aguascalientes est le plus petit état mexicain. On dit que c’est après avoir reçu un baiser de l’épouse d’un politicien local, que le dictateur Santa Anna lui accorda son indépendance du Zacatecas. Avis aux intéressés pour la recette. Nous nous dirigeons ensuite vers Zacatecas, une autre ville qui tire sa richesse de ses mines d’argent depuis près de cinq cent ans. Elle possède certain des plus beaux édifices coloniaux du pays. Construite à flanc de montagne, c’est un plaisir de déambuler dans ses rues étroites. La richesse de la cathédrale vous donne une bonne idée de ce que fut celle de la ville. Les musées sont captivants et vous feront connaître l’importante histoire de la région. Exploitée pendant près de 400 ans, considérée comme la plus riche du Mexique, la mine El Edén est ouverte aux visiteurs. Vous découvrirez les conditions de travail atroces des mineurs de l’époque. Une excursion en téléphérique au sommet de la Bufa vous fera voir la région d’un autre angle. Et nous retournons au pays des cow-boys via Saltillo que nous connaissons.
 

Comme vous le constatez, au Mexique, ce ne sont pas les attraits touristiques qui manquent. Partout, il y a de nombreux sites intéressants que je n’ai pas mentionnés. Avec un bon guide de voyage, vous pourrez faire vos choix selon vos goûts et rendre votre voyage encore plus agréable.

Buen Viaje

Gervais d'Astous ( gervaisdastous@yahoo.ca )

A venir: Le Mexique Central