LA DÉGÉNÉRESCENCE MACULAIRE, UNE MALADIE MÉCONNUE

La dégénérescence maculaire atteint une personne âgée de 70 ans et plus sur quatre. Au Québec, c'est donc 250 000 personnes qui sont aux prises avec cette maladie de l'oeil. Toutefois, depuis quelques années, son traitement permet de freiner la progression de la maladie... à condition de savoir comment la détecter.

Cette maladie , dont le nombre de personnes atteintes s'accroît au même rythme que le vieillissement de la population, touche une partie spécifique de l'oeil, la macula. Celle-ci est responsable de la vision centrale, primordiale pour identifier des visages, pour lire ou pour conduire.

Un avocat condamné à l'obscurité

Me Gagnon avait seulement 57 ans lorsque cette maladie est venue chambouler sa vie. En moins d'une semaine, l'homme a dû tout arrêter, ne pouvant lire que difficilement ses dossiers, et ne pouvant plus conduire sa voiture de façon sécuritaire.

« La dernière fois que j'ai pris ma voiture, je me suis fait peur à moi-même », se rappelle l'avocat qui a perdu une majeure partie de sa capacité visuelle. Dès lors, il savait que sa vie allait changer drastiquement. « Je ne pouvais plus pratiquer normalement. Il me faut voir les visages des témoins, des autres avocats. Dans le cadre de mon métier, le langage corporel est très important. Et puis, qui est-ce qui voudrait payer un avocat qui a besoin de dix fois plus de temps pour lire un dossier? », de continuer l'avocat nommé Bâtonnier du Barreau du Québec en 2003.

Celui-ci a dû adapter son quotidien à sa nouvelle situation. Il a appris à lire autrement, au moyen de la lecture sonore. Il continue aussi à voir des spectacles d'opéra grâce à des lunettes spéciales. La section centrale de sa vision étant la plus atteinte, il doit maintenant davantage se servir de sa vision périphérique. « Ce n'est pas parce qu'on est handicapé visuel que la vie s'arrête, explique-t-il. Il existe de nombreux outils pour les personnes handicapées visuelles. Il faut les connaître et s'en servir ». Pour lui, le traitement est arrivé trop tard. La cicatrisation de la macula ayant déjà fait son oeuvre, sa vue ne pouvait être améliorée. C'est pourquoi Me Gagnon est maintenant engagé au sein de l'Association québécoise de la dégénérescence maculaire (AQDM). Il souhaite faire connaître la maladie afin que les gens qui ressentent les symptômes agissent rapidement pour freiner la progression, voire réparer les dommages faits par la maladie.

UNE MALADIE MÉCONNUE

La forme de dégénérescence maculaire la plus répandue est la forme sèche (dans 90 % des cas), tandis que la forme humide, plus sévère, touche l'autre proportion. Cette dernière, qui est causée par la formation de vaisseaux sanguins sous la rétine, peut se développer à un rythme effarant. En quelques jours, une personne peut perdre la majorité de sa capacité de vision. Toutefois, des traitements sont possibles, comme le Lucentis, qu'on injecte dans l'oeil pour freiner la progression de la maladie, et qui est depuis peu remboursé par la Régie de l'assurance-maladie du Québec. Dans plusieurs cas, le traitement améliore même la vision du patient.

Les symptômes de la dégénérescence maculaire de forme humide peuvent comprendre la distorsion visuelle ou l'ondulation de certaines lignes ou choses droites. Lorsque la maladie est plus avancée, la personne atteinte peut aussi être incommodè par une tahce sombre au centre de sa vision.

Pour ce qui est de la forme sèche, elle est causée par l'accumulation, durant des mois, voire des années, de dépôts jaunes sur la rétine (drusens). Pour empêcher cette agglomération, aucun traitement n'est toutefois disponible. Il suffit seulement de bien s'alimenter (manger des légumes verts, des noix, des oeufs,...), de ne pas fumer, de surveiller sa tension et de porter des verres fumés pour protéger ses yeux du soleil.

Comme la maladie sous sa forme humide progresse rapidement, il est important d'obtenir un diagnostic, et un traitement dês les premiers symptômes afin de ralentir ou prévenir la perte de vision. Des examens de la vue réguliers sont donc à prévoir pour les personnes âgées. Un test - la grille d'Amsler - existe aussi pour détecter les premiers signes de la maladie.

Source : Luc Fournier, journaliste, Québec Hebdo

Recherche : Ronald Doucet

Le 23 septembre 2008