LA RECHERCHE CONCERNANT L’ALZHEIMER, OÙ EN EST-ON RENDU EN DATE DU 25 JUILLET 2008?

La maladie d'Alzheimer est la forme la plus courante de démence et représente 64 % des cas de démence.

La Société Alzheimer définit  la maladie d'Alzheimer comme étant « une maladie évolutive du cerveau, qui porte gravement atteinte à la faculté de penser et à la mémoire. Il s'agit de la forme de démence la plus courante. (La maladie d'Alzheimer est un syndrôme dont les symptômes comprennent la perte de mémoire, de jugement et de raisonnement, des sautes d'humeur ainsi que des changements de comportement et dans la manière de communiquer. »

Cette maladie a été découverte par le Dr Alois Alzheimer en 1906, qui a identifié les deux manifestations de la maladie qui porte maintenant son nom, soit les « plaques » et les « écheveaux ». Les plaques sont de petits dépôts denses répartis sur l'ensemble du cerveau et qui, à des concentrations élevées, sont toxiques pour les cellules cérébrales. Les écheveaux, pour leur part, interviennent dans les processus vitaux en « étouffant » les cellules saines du cerveau. Aussi, la dégénération et la mort des cellules cérébrales entraînent-elles le rétrécissement de certaines régions du cerveau.

Au fur et à mesure de la progression de la maladie d'Alzheimer, différentes régions du cerveau, et les différentes facultés qui leur sont liées, sont endommagées. Le résultat est un déclin des habiletés ou une modification du comportement. À ce jour, une habileté disparue n'est jamais revenue. Cependant, les dernières recherches suggèrent qu'une certaine réacquisition de connaissances est possible.

ÉTAT DE LA SITUATION

 

Données mondiales

Canadiens atteints de la maladie d'Alzheimer et d’affections connexes

1 Canadien sur 13 âgés de plus de 65 ans est atteint de la maladie d'Alzheimer et d'affections connexes.

1 Canadien sur 3 âgés de plus de 85 ans est atteint de la maladie d'Alzheimer ou d'une affection connexe.

Au Québec, on estime en 2007 qu’il y a 105 600 personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, dont 70 230 cas de maladies d’Alzheimer.  

En 2008 :

D'ici 2011 :

D'ici 2031 :

Les femmes sont davantage touchées par la maladie que les hommes : elles représentent plus du 2/3 des personnes de 65 ans et plus atteintes de la maladie2. Par ailleurs, la plupart des aidants sont des femmes.

La moitié des personnes atteintes de démence vivent au sein de leur collectivité; l'autre moitié, dans des établissements spécialisés -- toutefois, ces pourcentages varient de région en région, partout au Canada.

Coûts économiques des maladies neurodégénératives

Chaque année, on dépense environ 5,5 milliards de dollars au Canada pour les

personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et d'affections connexes.

(Les coûts sont fondés sur l'utilisation des soins en centres d'hébergement, l'utilisation de médicaments, l'utilisation des services de soutien communautaire et le temps non rémunéré des aidants.)

DERNIERS DÉVELOPPEMENTS DE LA RECHERCHE

Face à l'arrivée des Baby-boomers à la retraite, les chercheurs sont préoccupés par le dépistage précoce de la maladie.

Un récent article paru dans LE DEVOIR, édition du 23 juillet 2008, rédigé par Lisa-Marie Gervais laissait entrevoir une piste de solution à court terme par l’élaboration d’un protocole permettant d’encadrer le dépistage précoce de la maladie.

« Après avoir mené des études sur les personnes âgées atteintes d'alzheimer à un stade avancé, place aux plus jeunes! Les chercheurs de l'Institut Douglas en sont à élaborer un protocole permettant d'encadrer le dépistage précoce de l'alzheimer, qu'ils présenteront au prochain congrès international sur la maladie qui a lieu à Chicago du 26 au 31 juillet.

Les études sur des traitements pour les personnes atteintes d'alzheimer -- l'immunothérapie, ou les suppléments de certaines huiles naturelles, par exemple -- n'ont pas été concluantes chez les personnes à un stade avancé de la maladie, mais elles pourraient l'être chez des personnes atteintes d'un stade précoce d'alzheimer. Comment dépister la maladie plus tôt et surtout, comment préparer ces individus à recevoir un tel diagnostic de dépistage précoce? C'est précisément ce que tente de déterminer le Dr Serge Gauthier, chercheur à l'Institut Douglas et directeur de l'Unité de recherche sur la maladie d'alzheimer du Centre McGill d'études sur le vieillissement, en compagnie de son collègue Pedro Rosa-Neto.

«On prépare le terrain pour effectuer ces nouvelles études cliniques. On essaie de définir la population à traiter et d'évaluer quelles seront les mesures à prendre pour que le traitement soit efficace», a confirmé le chercheur. «C'est bien beau de dire à quelqu'un qu'il présente plus de risques, mais que fait-on après?» Car se faire dire «deux ans plus tôt qu'on a l'alzheimer a un impact psychologique, et même sur la vie professionnelle», reconnaît le Dr Gauthier, en se disant très préoccupé par les questions éthiques que le dépistage précoce soulève. D'autant qu'il n'existe pas encore de remède pour guérir la maladie.

«Établir un canevas concernant la prochaine génération d'essais, ça n'a jamais été fait. Et il faut que ça soit bien fait», a souligné le chercheur en précisant que le but n'est pas de tester des nouveaux traitements qui pourraient améliorer sommairement la mémoire, mais bien d'essayer de retarder d'au moins un an ou deux la progression de la maladie. «Et ça presse. Les baby-boomers vieillissent. On ne peut pas attendre dix ans.»

REMBER, UN TRAITEMENT PROMETTEUR ET DISPONIBLE D'ICI 2012

Des chercheurs anglais ont annoncé lors de la conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer à Chicago, avoir découvert un traitement qui permettrait de ralentir l’apparition des symptômes.

Ce nouveau traitement appelé Rember a été testé sur 321 patients se trouvant en stade précoce et moyen de la maladie. C’est la première fois qu’un traitement cible la protéine Tau. En effet, les protéines Tau se rassemblent en amas dans les cellules du cerveau avant de les détruire.

Après 19 mois de prise du médicament Rember, 81% des patients ont constaté une réduction de la dégradation de leurs capacités mentales, contrairement au groupe témoin placé sous placebo qui ont vu leurs fonctions cognitives décliner.

Des scanners du cerveau montrent que le médicament Rember, qui évite l’accumulation de la protéine Tau dans le cerveau, est efficace dans les endroits les plus touchés par les masses de la protéine Tau.

Bien que les essais de ce nouveau médicament soient pour le moment prometteurs, il faut maintenant mener des essais à plus grande échelle.

 

POUR OBTENIR DES INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES, CLIQUER SUR LE LIEN SUIVANT :

http://www.alzheimer.ca/french/index.php

Recherche : Ronald Doucet