La Martinique: entre la mer des Caraïbes et l'océan Atlantique

par 

Marie-Claire Landry

J'arrive du paradis terrestre... si on sait apprécier à sa juste valeur un bon 35°C avec 100% d'humidité sous un soleil ardent ! La Martinique, c'est la beauté naturelle tropicale qui décore une architecture très jolie. Le bon goût français dans des jardins de rêve avec la danse et les musiques créoles ! Nous avons dû, mon "chum" et moi, faire à l'envers le déroulement de ce séjour. En effet, comme il n'y a, hors saison, qu'un avion Montréal/Pointe-à-Pitre par Air Canada par semaine, nous n'avions pas le choix : profiter de vacances à la Martinique avant notre congrès. 

Nous étions à l'hôtel Méridien, résidence élégante blanche, beige et bleue. Je devrais dire l'ancien Méridien car cette chaîne d'hôtellerie semble avoir piqué du nez un peu partout. Nous étions donc au Kalenda, à Trois-Islets. 

C'est là que Joséphine de Beauharnais, Impératrice des Français, a vécu sa jeunesse chez son père, dans le domaine colonial de la Pagerie, une plantation de canne à sucre. 

 

 

 

 

Ils n'ont pas oublié leur passé esclavagiste et de nombreuses oeuvres d'art parsèment le paysage pour le rappeler. J'ai été très frappée par une sculpture composée de 15 personnages tête baissée en béton, hauts de 2.5 mètres chacun, disposés en triangle et qui font face à la mer dans la région du Diamant. L'artiste, Laurent Valère, par cette oeuvre, commémore un événement tragique. Une nuit, avant 1840, il y eut une violente tempête sur la mer. Le capitaine décida de ne pas rebrousser chemin. Le navire sombra et emporta par le fond 150 esclaves qui, enchaînés, n'avaient aucune chance de s'en sortir.

À Fort-de-France, la capitale de l'Île, on voit un édifice particulièrement intéressant. C'est la bibliothèque Schoelcher qui fut construite pour recevoir ses livres et d'autres documents. Schoelcher est un député français abolitionniste acharné. Il réussi a faire signer le décret d'abolition de l'esclavage sous la IIe République. Cet édifice a été construit, comme la cathédrale d'ailleurs, par l'architecte Picq, un contemporain d'Eiffel (la tour). Donc la structure métallique de la bibliothèque est apparente. Elle a été produite en France, démontée, puis remontée à Fort-de-France (ainsi baptisée par Napoléon qui n'appréciait pas son nom de Port-Royal ;-))) 

La Martinique est le plus petit Département français outre-mer. Les Martiniquais réfèrent constamment à la Métropole, la France. La Martinique mesure 73 kilomètres de long et 37 de large. Nous avons fait trois journées de visite en voiture. L'une vers le Nord où se situe la fameuse montagne Pelée qui, en 1902, a anéanti la ville de St-Pierre laquelle faisait partie du Patrimoine mondial par son élégance et sa culture. Les 30,000 habitants périrent sauf un, le prisonnier protégé par les murs de sa prison. La forêt tropicale est là dans toute sa splendeur, mais ce sont les plantations de canne à sucre, d'ananas et de bananes qui sont spectaculaires. 

Ça sent le rhum partout... il y a des dizaines de distilleries. Il existe une association Martinique-Québec et un couple martiniquais adorable, Geneviève et Fred, nous ont balladé pendant toute une journée, attentifs à répondre à tous nos intérêts. La musique martiniquaise est un musique "blanche" (valse, mazurka, polka) sur des rythmes "noirs". Cela donne la "biguine" où chacun s'abandonne au plaisir de se déhancher avec chaleur intense et harmonie. Les paroles sont créoles... des mots français sur une grammaire africaine. Avec sourires ensoleillés...

Les Rencontres Gérontologiques, but premier de notre voyage, ont été fort enrichissantes. Détail : on a remis à chaque congressiste, comme c'est la coutume, une pochette de documentations sur différents points. Mais cette pochette contenait aussi ... une grosse bouteille de rhum décorée aux couleurs de l'Association ! Nos rêves, depuis notre retour, sont encore remplis de fleurs, de lumière, d'eau bleue pétillante, de danses aux rythmes exotiques et érotiques...

Marie-Claire