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Les Retraités flyés sont des gens de passion et d'action. Régulièrement, vous aurez l'occasion de le découvrir en lisant leurs histoires fascinantes. Bonne lecture!

 


Vous pouvez relire les histoires flyées antérieures en cliquant sur les livres.


 

Ma fidèle Honda!

 

 

Sur le dernier Bulletin de  mars 2009, nous vous avons présenté en première page , une future Retraitée Flyée, Sylvie Fortin qui a voyagé à travers le Canada, les États-Unis et l’Australie pendant plus de 10 mois.

 

  Elle nous disait  qu’elle avait été hébergée par plus de 85 hôtes et hôtesses de trois organismes mentionnés dans son récit.  Elle a bien voulu partager avec nous ce fantastique voyage et quelques-unes de ses 3000 photos.

Bon voyage !!!

 

 

Ma fidèle voiture Honda m’a conduite sur les routes de l’Amérique du Nord en toute sécurité!

  

  

Une année sabbatique, c’est bien. Une année à traitement différé, c’est mieux, parce que douze mois de liberté avec, en poche, 80 % de mon salaire, ce fut vraiment génial! Ce qui devait être une expérience de vie en sédentaire à l’autre bout du pays, à Victoria BC, a rapidement pris les allures d’un périple sur la route, en solitaire. Pendant 10 mois et demi, j’ai roulé dans six provinces canadiennes, dans 20 États chez nos voisins du sud et j’ai visité quatre provinces australiennes.

 

Mes pérégrinations ont ajouté quelque 19 000 km à l’odomètre de ma voiture, la rencontre de centaines de gens sympathiques et des milliers de souvenirs impérissables. Je fais effectivement partie de trois associations de voyageurs qui ont pour but de rapprocher les gens qui voyagent et ceux qui sont ouverts à les recevoir chez eux. Il s’agit de (5W) WOMEN WELCOME WOMEN WORLD WIDE (www.womenwelcomewomen.org.uk) COUCHSURFING (www.couchsurfing.com) et HOSPITALITY CLUB (www.hospitalityclub.org)

**.Ces trois organismes peuvent être consultés sur leurs sites Internet

 

Mon premier itinéraire s’est déroulé comme suit : départ de Montréal le 20 janvier 2008 et arrivée à Victoria le 16 février après avoir passé par Ottawa, North Bay, Sudbury, Elliot Lake, Sault-Sainte-Marie, Marquette (Michigan) Ramsay (Michigan), Duluth (Minnessota), Minneapolis (Minnessota), Fargo (North Dakota), Winnipeg, Brandon (Manitoba), Regina, Medicine Hat (Alberta), Calgary, Lake Louise (Alberta), Armstrong (BC), Hope (BC), Vancouver et Victoria.

 

Après être demeurée deux mois à Victoria, fait la connaissance de gens charmants et avoir enseigné le français, j’ai choisi de poursuivre ma route et de vivre d’autres moments de découvertes et d’aventure!

 

Mon deuxième itinéraire m’a amenée à Los Angeles, où j’ai des amis de longue date. J’ai quitté Victoria le 12 avril et mis le cap sur Seattle, puis Portland (Washington), Florence (Oregon), Coose Bay (Oregon), Eureka (Californie), Elk (Californie), Sacramento (Californie), Oakland (en banlieue de San Francisco), Sans Luis Obispo (Californie) et Los Angeles. J’ai vraiment été charmée par la beauté de la côte du Pacifique et par les paysages lunaires de la Californie intérieure, entre la côte et la capitale de l’État, Sacramento.

Sur ma route, des gens m’ont parlé d’un forfait vraiment très avantageux pour les non-Australiens : la « Aussie Pass »* *La « Aussie Pass » est offerte par la compagnie aérienne australienne Qantas Airlines aux non-Australiens. Consultez le site internet de cette compagnie pour en savoir davantage.

 

Pour moins de 2 000 $ US, j’ai pu acheter un billet d’avion aller-retour de Los-Angeles à Sydney (Australie) en plus de trois vols intérieurs. J’ai donc choisi Sydney-Melbourne, Melbourne-Adelaide et Adelaide-Brisbane. Visiter ces quatre villes et les alentours m’a pris un mois. Puis, j’ai acquis une passe d’autobus Greyhound et, le mois suivant, j’ai parcouru la côte est du pays entre Brisbane et Cairns, une station balnéaire bénéficiant d’un agréable climat tropical.

 

De retour à Los Angeles, j’ai longé le Pacifique une fois de plus afin de visiter la très belle et très ensoleillée ville de San Diego, puis les Missions San Juan Capistrano et San Luis Rey de Francia. Partiellement reconstruits et renovés avec goût, ces édifices font partie du patrimoine légué par les Espagnols et sont parmi les plus anciens d’Amérique du Nord.

 

J’ai ensuite repris ma voiture qui m’attendait sagement à Los Angeles et j’ai entamé mon troisième itinéraire  : Chino Hills (Californie), Lake Havasu City (Arizona), Kingman (Arizona), Flagstaff (Arizona), Albuquerque (Nouveau-Mexique), Amarillo (Texas), Oklahoma City et Kiowa (Oklahoma) où habite ma cousine. Cette randonnée effectuée en partie sur la mythique route 66 m’en a fait voir de toutes les couleurs : les paysages sont agrémentés d’immenses rochers multicolores absolument magnifiques!

 

De chez ma cousine, j’ai aussi effectué quelques excursions en boucle qui m’ont permis de découvrir Springfield et Saint Louis (Missouri), Little Rock (Arkansas), Memphis et Nashville (Tennessee), puis Shreveport et Lafayette (Louisiane), ainsi que Houston, San Antonio, Austin et Forth Worth (Texas).

 

Enfin, j’ai amorcé mon quatrième et dernier itinéraire, lequel m’a conduite à la maison en passant par Tulsa (Oklahoma), Wichita, Topeka et Kansas City (Kansas), Des Moines (Iowa), Chicago (J’y étais le 4 novembre dernier lors de la victoire historique de Barack Obama!), Indianapolis, Columbus et Cleveland (Ohio), Buffalo, Rochester, Corning et Albany (État de New York), Montpelier (Vermont) et, enfin, Montréal!

 

J’aimerais maintenant partager avec vous des étapes marquantes vécues lors de cette année extraordinaire. Voici donc des extraits des messages que j’ai envoyés à ma famille, aux amis et aux collègues de travail qui ont pu me suivre par quatre chemins…

 

 

Nouvelles de Duluth (Minnessota)

  

J'ai une petite anecdote pour vous! Je suis actuellement de passage à Duluth (Minnessota) et je me demandais bien pourquoi le casino (situé en plein centre-ville!) avait pour nom Casino Fond-du-Luth... La réponse est la suivante : ce casino est opéré par la nation amérindienne Ojibwa de la réserve de Fond-du-Lac! J'ai vu d'ailleurs plusieurs noms français sur mon parcours au Michigan, au Wisconsin et au Minnessota (la municipalité d'Eau Claire, le parc Presqu'Ile, la réserve indienne Mille Lacs, la ferme Bérubé's, le chemin Goslin, l'avocat Peltier offrant ses services, le garage Loiselle, etc.). Malheureusement, les gens ne savent plus ce que ces expressions veulent dire et ils prononcent ces noms d'une façon tout à fait incompréhensible si on ne voit pas le nom écrit! J'avance à pas de tortue sans doute, car je roule un maximum de 3 1/2 heures par jour, mais c'est parfait comme ça. J'étais tout de même très heureuse quand, quelque part au Michigan, j'ai aperçu une minuscule pancarte annonçant que je franchissais la ligne où les montres indiquent une heure plus tôt.

 

 

Le State Capitol de l’État du Minnessota, à Saint-Paul, la ville jumelle de Minneapolis

 

 

Nouvelles de Winnipeg 

 

J'en ai une bonne pour vous : saviez-vous que le village de Saint-Jean-Baptiste, Manitoba, est la capitale canadienne du petit pois à soupe? La prochaine fois que vous vous procurerez cette denrée de choix (et je suis sûre que c'est le cas très souvent!), pensez à nos petits cousins franco-manitobains! Lorsque j'ai traversé la frontière entre le North Dakota et le Manitoba, je me suis soudain sentie comme chez moi. Qui l'eût cru? Le douanier parlait français, les pancartes touristiques étaient en français et les noms des villages rappelaient ceux de nos campagnes, c'est-à-dire peuplés de saints et de saintes. Mais là s'arrêtent les comparaisons. J'ai découvert la plaine, immense et à perte de vue. J'y étais déjà quelque 100 km après avoir quitté Fargo, North Dakota, mais comme le vent a commencé à souffler un peu, j'ai réalisé que le moindre mouvement d'humeur d'Éole provoque froid et poudrerie garantis! Ça doit tout de même être magnifique en été…

 

 

À Saint-Boniface, la maison où l’auteure Gabrielle Roy a vécu dans son enfance, sur la rue Deschambault

 

 

Nouvelles d’Armstrong (BC)

 

Aujourd'hui, ce fut la pire journée de conduite! Je suis en effet au cœur des Rocheuses et presque toujours entre deux immenses camions qui n'hésitent pas à coller au derrière les pauvres voitures hésitantes sur une route en lacets, où les hauts et les bas sont constants mais où les paysages sont à couper le souffle! De vraies cartes postales qu'il serait bien agréable d'admirer à son aise sans ce stress... à certains moments, j'ai bien cru ma dernière heure arrivée... Dans un autre ordre d'idée, certains croient que les Prairies sont monotones... moi je les ai beaucoup aimées. Ces ciels qui nous enveloppent à un point qu'on croit rêver, cette poudrerie qui nous aveugle alors que le soleil brille, cette immensité dans laquelle on se sent tout petit, ces horizons à perte de vue dans lesquels on se sent si libre et... la radio! Ceux et celles qui me connaissent depuis longtemps savent à quel point j'aime la radio. Je l'écoute beaucoup "on the road". Elle est le reflet des endroits où je passe. Je chante dans la voiture alors que le ruban de la route se déroule devant moi... Oh joie et bonheur!! Espérons toutefois que la route sera plus calme demain, mais agrémentée des majestueuses montagnes... au loin!!!

 

 

Paysage magnifiquement enveloppant au cœur des Prairies, quelque part en Saskatchewan

 

 

Une petite pause bien méritée dans les Rocheuses, en Colombie-Britannique.

 

 

Nouvelles de Hope (BC) 

  

Malheureusement, la route ne fut pas plus facile aujourd'hui... toujours ces gros camions, ces routes en lacets et étroites par moments, ces conducteurs impatients... Je ne vous ai pas parlé des trains dans mes derniers messages... c'est qu'il y en a beaucoup! Parfois, il y en a même deux qui passent à la fois de chaque côté de la route. Certains roulent très hauts dans la montagne, d'autres, dans les vallées et d'autres encore, tout près de nous. J'aime les trains : ils me font penser à mon papa qui a travaillé 50 ans pour le Canadien National. Ils sont comme des forces de la nature, des véhicules qui voyagent sur de longues distances et qui font la joie des gens qui les voient passer, tout en les faisant rêver. Il y a des images qui resteront gravées dans ma mémoire : dans les Prairies, on les voit au loin, qui se découpent dans la plaine, comme un long ruban de petites boîtes rectangulaires en mouvement. Ou alors, ils sont de chaque côté d'un silo carré, attendant qu'on les charge de céréales qu'ils livreront aux quatre coins du pays. C'est fou, mais en les regardant passer dans ce superbe décor, j'avais parfois les larmes aux yeux... j'avais aussi, évidemment, une tendre pensée pour mon papa qui aurait assurément apprécié les regarder passer. Alors, demain, la grande ville de Vancouver m’attend! 

 

 

Un long ruban de wagons multicolores défilant dans les Rocheuses

 

 

Nouvelles de Californie 

 

De l’endroit où je suis actuellement, à Los Angeles, il faut compter environ 2 heures de route pour atteindre San Diego, la ville américaine d'importance la plus au sud, à quelques minutes de la frontière mexicaine. Saviez-vous que la Californie était un vaste territoire propriété du roi d'Espagne jusqu'au milieu du 19e siècle, lorsque le Mexique est devenu indépendant et a revendiqué ce territoire? Les pauvres Mexicains n'ont pas jouit longtemps de leur nouvelle acquisition (à peu près 10 ans) avant que les Américains ne mettent la main dessus. Pour la petite histoire, la Californie a été "découverte" au milieu du 16e siècle par les Espagnols. Quelque 200 ans plus tard, ayant peur que les Russes n'envahissent leur précieux territoire afin de faire la traite des fourrures (oui, oui, c'est ce que j'ai lu avec autant de surprise que vous, sans doute!), ils ont décidé de construire des Missions ou des Monastères longeant toute la côte californienne. Comme la religion et l'État font souvent bon ménage, c'est avec joie et plein d'ardeur que les missionnaires franciscains ont fondé 21 missions dont la première est San Diego. Ces monastères avaient plusieurs fonctions : christianiser les Amérindiens, les protéger des soldats espagnols (!!), leur apprendre des métiers et, bien sûr, occuper le territoire! J'ai visité quatre d'entre elles (San Luis Obispo, Sans Juan Capistrano, San Diego Alcala et San Luis Rey de Francia) et j'avoue que ces lieux sont magnifiques. De plus, ils ne sont jamais très loin de la mer (j'imagine que dans le temps, la baignade n'était pas un loisir très recherché... mais les ennemis potentiels arrivaient habituellement de ce côté!). Les prochaines nouvelles vous viendront de « Downunder », le continent à la tête en bas, l’Australie!

 

 

La Mission californienne San Luis Rey 

de Francia

 

 

Nouvelles de Melbourne 

 

Après 14 h 30 de vol dans un avion bondé où je me sentais littéralement comme dans une boîte de sardines, je suis enfin arrivée à Sydney, le 2 juin. Le choc fut plutôt géographique que culturel : ici, c'est l'automne (eux, ils se disent en hiver). Ouais, l'hiver... je n'ai jamais vu autant de diversité dans l'habillement des gens. Ils portent vraiment n'importe quoi : certaines dames portent des collants et d'autres sont en short, d'autres portent manteau d'hiver, foulard et chapeau à côté d'autres en t-shirt et en gougounes, on voit les jeunes porter les fameuses bottes australiennes en suède et fausses fourrure tandis que d'autres portent des sandales à talons hauts, etc, etc... les contrastes se succèdent continuellement. Aussi, les feuilles tombent des arbres, il fait frais (maximum de 20 degrés le jour, entre 5 et 10, la nuit), il fait noir a 17 h, la conduite est à gauche, les gens marchent dans la rue à gauche et c'est très très multiculturel. Beaucoup d'Asiatiques... on se croirait à Vancouver! Fait intéressant, les noms des commerces de pâtisserie et de boulangerie sont presque toujours en français : il y a une grosse chaîne "Pâtisserie Michel" dans tout le pays. Je suis actuellement à Melbourne, une grande et belle ville moderne et historique à la fois, sillonnée par des tramways et très animée. Il y a une navette touristique (genre Hop on Hop off) qui effectue 12 arrêts, ce qui permet de faire un agréable tour de ville en identifiant les endroits qu'on voudra visiter plus particulièrement. Le plus beau : cette navette est gratuite!  Melbourne a vraiment tout pour me plaire, car elle est facile d'accès et certains de ses musées sont gratuits. Autre anecdote : ici, les maisons n'ont pas de chauffage central, et le soir, on frissonne, car c'est humide et frais. Ils ont donc des calorifères électriques qu'ils transportent d'un appartement à l'autre dans la maison. J'ai aussi découvert le confort qu'apporte une bonne couverture électrique. À défaut de calorifère, on préchauffe le lit (on met le thermostat à 3) et on dort en baissant le thermostat a 1. Génial! 

 

 

Devant l’Opera House de Sydney, en Australie

Un aperçu de la ville de Melbourne, en Australie

 

 

Nouvelles de Brisbane

 

J'entame maintenant le deuxième mois de mon périple australien en visitant la très belle et surtout très ensoleillée ville de Brisbane, située sur la côte Atlantique, au nord de Sydney. Ici, il fait plus chaud (bonheur!) et il ne pleut pas... au grand désespoir de certains habitants, dont les fermiers. En effet, les Brisbanois (??) ont l'obligation de restreindre leur consommation d'eau, car le danger de sécheresse aigüe est toujours présent. Je me demandais bien pourquoi mes hôtes mettaient une chaudière dans leur douche (ici, la douche est toujours indépendante du bain) : le surplus d'eau tombe dedans quand on prend sa douche et on "flushe" la toilette avec cette eau récupérée. Une idée simple que nous pourrions tous appliquer dans nos foyers! Grande nouvelle : j'ai tenu un koala dans mes bras et j'ai enfin vu mes premiers kangourous... en vrai... les premiers que j'avais vus étaient morts sur la route. En effet, j'ai eu le bonheur de passer deux jours a Kangaroo Island, au large d'Adelaide. On peut y observer une nature superbe et des animaux dans leur milieu naturel (phoques, lions de mer et autres). Cependant, les routes sont assez meurtrières pour les animaux tels que les kangourous ou les opossums qui se baladent la nuit... Et puis, je vous l'ai déjà dit? Ce n'est pas ici que je vais développer une cirrhose du foie! Les Australiens que j'ai rencontrés boivent très peu ou pas du tout... même pas pour arroser un bon repas! Je me fais offrir des boissons gazeuses, du jus d'orange ou de l'eau... je choisis généralement cette dernière option. Dire que les Australiens ont la réputation de lever le coude assez facilement et qu’ils produisent du si bon vin… Ouain! 

 

 

La très ensoleillée ville de Brisbane, en Australie

 

  

En Australie, de très singulières formations rocheuses agrémentent la Kangaroo Island : les Remarkable Rocks

 

  

De retour en Amérique du Nord!

 

Imaginez une route au milieu d'un paysage désertique, agrémenté de collines et de plateaux ornés de strates brunes, beiges, vertes, roses et oranges, le tout parsemé de touffes de végétation vert pale et brune et tout ça, à perte de vue, durant des centaines de kilomètres... Je suis dans l'est de la Californie, entre San Bernardino et Barstow. Je me suis arrêtée dans cette petite ville au milieu de nulle part, en plein cœur du désert. Puis, j'ai quitté brièvement l'autoroute pour rouler quelques kilomètres sur la mythique route 66. Mon but : prendre un café au Bagdad Café. J'y suis allée. Je n'ai pas pris de café : l'endroit est plein de clients et la serveuse, une femme dans la soixantaine avancée, est débordée. J'ai pris des photos et j'ai repris la route. L'autoroute 40 est m'a ensuite amenée en Arizona, quelques kilomètres après Needles. Cependant, la route 66 n'est jamais très loin... l'autoroute a été construite tout à côté, comme une jeune consœur donnant un coup de main a sa vénérable collègue. Les paysages rappelant Monument Valley ou le Grand Canyon se succèdent encore et oh, bonheur, j'aperçois des trains à l'horizon, très loin dans  es vallées. L'émotion est la même que dans les Rocheuses : ces longs rubans de petites boîtes multicolores me remplissent de bonheur. Ajoutons à cela le soleil éclatant, la musique Country-Blues et parfois Cajun de Lucinda Williams et ça y est, je suis tellement heureuse que je fixe ces moments dans ma mémoire afin d'en faire provision pour les jours plus tristes. Ma destination première, en Arizona, est le London Bridge: un véritable pont londonien qu'un très riche original a acheté, fait démonter, fait numéroter pierre par pierre, fait transporter par bateau et fait reconstruire à Lake Havasu City. Une magnifique folie! Cette ville est complètement entourée d'arides collines et bâtie sur du sable. Un endroit presque lunaire et torride. Heureusement, le lac Havasu, un réservoir construit sur la rivière Colorado, procure une agréable tache bleue au paysage. On le regarde et on a moins chaud... on perçoit sa fraicheur de loin. Je savoure chaque jour, chaque minute et presque chaque secondes... 

 

 

Au bord de la mythique route 66, le non moins mythique Bagdad Café, en Californie

 

 

Le London Bridge de Lake Havasu City, en Arizona

 

 

Nouvelles d’Oklahoma

 

Je sais, l'Oklahoma n'a pas la cote... J'ai pu le vérifier a maintes reprises lorsque je faisais part aux gens que je me dirigeais dans cet État. Au mieux, la surprise et l'incrédulité. Au pire, l'ironie et les sarcasmes. Parfois, l'ignorance, souvent, la curiosité. Arrivé au sein des États-Unis d'Amérique sur le tard (c'est le 46e État de l'Union), l'Oklahoma ne jouit pas de sites naturels exceptionnels qu'on peut admirer en Arizona ou au Nouveau-Mexique, ni de l'exotisme tropical d'Hawaii ou glacial de l'Alaska. Non, l'Oklahoma est un État méconnu, situé dans la « Bible Belt » et peuplé de Cowboys. Point, fin de l'intérêt qu'on lui consacre. J'ai découvert l'Oklahoma grâce à l'une de mes cousines qui y habite. Lors de ma traversée des États-Unis, il était évident que je m'y rendrais pour la visiter dans son petit village, à Kiowa. J'ai auparavant décidé de passer par Oklahoma City et, ma foi, je ne le regrette pas! Dans les années 70, cette ville était presque fantôme. Quelques décennies plus tard, les gens d'affaires ont pris la décision d'investir quelques millions de dollars et de créer un quartier moderne et revampé : Bricktown. On a même creusé un canal de 2 à 3 km qui fait la joie des touristes et le bonheur des commerçants. Oklahoma City est aussi la capitale de l'État et son State Capitol est fort intéressant à visiter. Je dirais que c'est une grande petite ville et une petite grande ville, propre et sympathique. Oklahoma City a toutefois connu des heures sombres, il y a une quinzaine d'années : quelque 160 personnes ont perdu la vie lorsque Timothy McVee a fait sauter une bombe dans un édifice gouvernemental qui abritait, entre autres, une garderie. Un superbe mémorial a été érigé. Je l'ai visité vers 21h, le soir, et j'avoue que cet endroit est magnifique. Une atmosphère de sérénité et propice à la réflexion y règne. Puis, le Oklahoma City Museum of Art possède une collection permanente assez surprenante. J'y ai vu un Riopelle et la moitié d'un étage est consacrée à des œuvres de l’artiste américain souffleur de verre, Dale Chihuly. L’Oklahoma n’a pas la cote? J’aurais vraiment manqué quelque chose en la boudant…

 

 

À Oklahoma City, le National Memorial a été créé en 1995 afin d’honorer la mémoire des 168 victimes et des survivants du bombardement du Alfred P. Murrah Federal Building. Chaque chaise représente une victime

 

 

Au centre-ville d’Oklahoma City, les touristes et les résidents apprécient toujours une promenade à Bricktown

 

 

Nouvelles du Sud 

 

Au cours des deux dernières semaines, j'ai pris contact avec le Sud... pas Mexico ou Cuba, non, le Sud des États-Unis. Dans les brochures touristiques, on le décrit habituellement avec poésie (ah, les belles maisons entourées de plantations en Louisiane) ou enthousiasme (la où le blues et le rock and roll sont nés, à Memphis). Ces aspects existent bel et bien, mais la réalité est plus complexe, voire plus triste. À Memphis, par exemple, le site de Graceland est quotidiennement visité par des centaines de personnes et les mordus de musique s'agglutinent sur la Beale Street, où chaque bar ou resto déverse ses rythmes et ses mélodies dans une joyeuse cacophonie. En général, les touristes se contentent de rester dans ces périmètres sécurisants et remplis d'une faune grouillante. En fait, une petite partie du centre-ville de Memphis a été revampée... et une autre tente de survivre, là ou le trolley d'époque (sur rails) suit un itinéraire en boucle. Les nombreux commerces à louer côtoient ceux qui offrent des services et des produits aux travailleurs et aux touristes. Dans ce secteur, le combat contre la désertion est inégal... la lutte pour afficher un air de prospérité se poursuit. Puis, il y a le centre-ville déconcertant. Ce dernier n'est évidemment jamais mentionné dans les dépliants. Le vide y règne : une multitude de terrains vagues ou de stationnements abandonnés, des édifices commerciaux à louer, à vendre ou placardés, et des gens qui errent. La très grande majorité d'entre eux sont Noirs. Et qui marche au pays de l'oncle Sam? Les pauvres. Le Sud, c'est aussi une histoire de mentalité. La religion y tient une place de choix. Malheureusement, les préceptes qu'on y véhicule sont souvent fort moralistes et restrictifs. Par exemple, en Oklahoma, en Arkansas et au Tennessee, il est courant que les gens demandent, au même titre que le métier ou la profession exercés, à quelle église on va. Selon la réponse, un jugement et une catégorisation se forment dans les esprits. De plus, au Tennessee, on demande systématiquement une pièce d'identité a quiconque achète un produit alcoolisé... en Oklahoma, on la demande aux gens qui paraissent avoir... 40 ans et moins! Fait intéressant, la bière légère contient 4,5 % d'alcool au Texas, mais en Oklahoma, la même bouteille affiche 3,2 %. Et puis, selon l'État, il y a un très bon choix de vins chez Wal Mart... si on est trop enfoncé dans la Bible Belt, l'accès à "la boisson" est évidemment plus difficile. Autre anecdote désopilante : à Little Rock (Arkansas), il y a un pont qui enjambe une écluse (dam, en anglais). On l'appelait donc le Dam Bridge. Mais tout ça, c'est du passé, car, craignant que les esprits malicieux ne fassent exprès pour faire un jeu de mots pas très catholique (The Damn Bridge, la prononciation est presque la même et pourrait signifier quelque chose comme "le cr... de pont") on l'appelle maintenant le Big Dam Bridge en espérant que plus personne n'aura la mauvaise idée dire des gros mots sans en avoir l'air... au secours! Heureusement, le Sud offre aussi des paysages superbes (en Arkansas, “The Natural State”, la nature est reine), des musées fort enrichissants à visiter (on y trouve des œuvres des peintres impressionnistes, eh oui!) et des gens gentils et accueillants.

 

 

Le centre-ville de Little Rock, Arkansas, a été revampé

 

 

La Beale Street, à Memphis, Tennessee, est fort visitée par les amateurs de musique Blues et Rock and Roll

 

 

À Nashville, Tennessee, le Parthenon Museum est situé dans un site enchanteur, au cœur du Centennial Park

 

 

Nouvelles texanes

 

Je suis de retour d'un périple d'une semaine au Texas. Trop souvent associé exclusivement aux cowboys, aux puits de pétrole et à l'illustre famille Bush, le deuxième État le plus vaste des USA (après l'Alaska) offre une foule de belles surprises tant au plan historique que culturel. L'idée consiste parfois (et même, le plus souvent possible!) à sortir des sentiers touristiques fortement suggérés et à goûter toute la richesse de ce qui fut un État souverain durant six ans. Oui, vous avez bien lu : la République du Texas a bel et bien existé, entre 1836 et 1845. Sans entrer dans des détails historiques élaborés, mentionnons que le Texas fut tout d'abord une colonie espagnole, un territoire revendiqué par René Robert Cavelier de LaSalle (qui découvrit l'embouchure du Mississipi) au nom de Louis XIV, une colonie mexicaine (lorsque le Mexique est devenu indépendant de l'Espagne), une république souveraine, un État confédéré durant la guerre de Sécession puis, finalement, un État américain. C'est pour cette raison que six drapeaux flottent fièrement à chacune de ses frontières. Une semaine, ce n'est pas suffisant pour parcourir l'État en entier. J'ai toutefois traversé Houston (une ville très étendue) et visité San Antonio, Austin et Fort Worth. Ma ville préférée? San Antonio! Ce haut lieu historique offre tout ce qu'un touriste normalement constitué peut désirer : The Alamo (originellement une mission espagnole, puis le lieu d'une bataille déterminante pour l'indépendance du Texas), la River Walk (un canal bordé de restaurants, d'hôtels, de verdure, d'arbres et de fleurs, enjambé par de petits ponts tous différents les uns des autres, une véritable merveille), un quartier historique (restos, bars, boutiques et place publique où on assiste a des spectacles), une tour (avec observatoire, resto tournant et boutique souvenir) et, bien sûr, des centres commerciaux dont un arborant une paire de bottes de cowboy géantes. À San Antonio, grosso modo, la population est à 70 % d'origine latine (hispanique), les Asiatiques, Caucasiens (Blancs) et les Afro-Américains se partageant les 30 % restants. Par moments, on se croirait au Mexique... enfin dans un Mexique ou l'abondance règne. Il y aurait tant à dire sur le Texas... les édifices sont modernes et l'architecture, impressionnante. La capitale, Austin, est un fief plus libéral comparé au reste de l'État, renommé pour son conservatisme. D’ailleurs, l'intérieur du State Capitol est vraiment superbe grâce à ses marbres colorés et à ses peintures grand format. Par ailleurs, Fort Worth possède un "Cultural District" qui abrite de très intéressants musées, dont le Musée d'art Kimbell. Cette ville est cependant la plus « country » que j’ai visitée, surtout grâce à son secteur historique qu’il est fort plaisant de parcourir en visite guidée, à pied.

 

 

The Alamo, à San Antonio, Texas, est un lieu historique à voir absolument La River Walk, à San Antonio, Texas, est aussi un lieu touristique fort populaire

 

 

La ville d’Austin, Texas, possède de très jolis édifices que les touristes admirent avec joie Murale au centre-ville de Forth Worth, Texas

 

 

Ah, les belles routes américaines!

 

J’aimerais maintenant vous dire deux mots sur l'aspect routier... En général, il est préférable de rouler sur les routes secondaires aux États-Unis, mais ce n'est pas souvent possible, compte tenu des importantes distances à parcourir. Au Texas, comme partout ailleurs dans ce pays, l'autoroute constitue le meilleur moyen de se rendre rapidement et de façon sécuritaire d'un point A à un point B. Il est toutefois nécessaire de s'habituer aux comportements des conducteurs texans : ils ou elles adorent suivre à courte distance, généralement à bord de leurs gros véhicules utilitaires ou de leurs camionnettes. J'ai dû apprendre à faire confiance à leurs reflexes… et aux miens! Malheureusement, presque toutes les autoroutes sont interchangeables quant au paysage qu'elles offrent (sauf, parfois, les bords de mer, entre autres, sur la I-5, entre Los Angeles et San Diego). Et puis, on assiste au très répétitif spectacle des chaines commerciales s'alignant des deux côtés de l'autoroute : Target, Pilot, Lowes, McDonald, Holliday Inn, Starbuck Coffee, Taco Bell, JC Penney... et Wal Mart! Je suis vraiment étonnée (devrais-je l'être?) de constater à quel point cette chaine compte de magasins, même dans des villes très modestes (ou qui le semblent, vues de l'autoroute). Sur la façade de chaque magasin, on peut lire ALWAYS! Ouain, ils peuvent bien le dire, il y a TOUJOURS un Wal Mart a proximité, PARTOUT et ils se ressemblent tous! En tous cas, on ne se sent pas dépaysé…

 

 

Nouvelles de Chicago et d’Indianapolis  

 

Le 4 novembre dernier, deux événements majeurs ont eu lieu à la surface de la terre : je visitais la superbe ville de Chicago pour la première fois de ma vie et le soir même, un Afro-Américain affublé d'un drôle de nom devenait le 44e président des États-Unis d'Amérique. Au cours de la journée, le soleil brillait et la ville subissait une vague de chaleur bienvenue pour ce temps de l'année. J'ai donc marché sur Michigan Street, une des rues les plus populaires de la Ville des vents, j'ai fait une fort intéressante croisière commentée sur la Chicago river, et, sans m'y tremper le gros orteil, j'ai découvert la plage du centre-ville : et oui, ils ont de la chance les Chicagoiens, ils peuvent se baigner ou jouer au frisbee en plein centre-ville dans le majestueux lac Michigan! Puis, j'ai pris le "EL", pour Elevated light train (le métro surélevé). Il fallait aussi voir tous ces gens, dont plusieurs étaient venus de l'étranger, marcher dans les rues ou arpenter le Millenium Park où à quelques mètres de là et quelques heures plus tard, on allait célébrer un événement historique. On sentait l'électricité et l'excitation dans l'air et plusieurs personnes, dont moi, portaient fièrement un macaron ou un chandail témoignant de leur allégeance politique démocrate. Ma prochaine étape fut Indianapolis, une grande ville où le centre est assez joli, mais pour le reste, assez quelconque sinon franchement laid. Fait un peu surprenant, il y a une grande communauté latino-américaine ici. Quant au volet touristique, le State Capitol est assez imposant, il y a un jardin botanique en plein centre-ville dont un édifice, très beau d'ailleurs, qui enjambe une rue principale et le musée d'histoire de l'Indiana vaut la peine d'être visité. Une autre belle découverte! 

 

 

Magnifique vue de la ville de Chicago et du lac Michigan

 

 

Le Arts Garden d’Indianapolis enjambe une rue achalandée du centre-ville
         
 
Nouvelles de l’Ohio et de l’État de New York
 

Après avoir envoyé mon dernier message, en provenance de l'Indiana, je me suis dirigée vers l'Ohio, un autre État méconnu et rarement objet de convoitise touristique. Pourtant, des villes telles que Columbus (la capitale), Cleveland, Cincinnati et Toledo regorgent d'activités et d'attractions palpitantes. Je me suis contentée de m'arrêter à Columbus (pour visiter la State House) et à Cleveland, où j'ai passé au moins trois heures au Rock and Roll Hall of Fame. Cleveland, située sur le bord du majestueux grand lac Érié, offre une attraction similaire à celle de Montréal, car elle possède un genre de Vieux Port où on a installé le musée des sciences, le cinéma IMAX, un stade multisports et le fameux Rock and Roll Hall of Fame. Mais là s'arrête la comparaison. Cette ville présente un aspect fort différent de nos villes québécoises et, dans une certaine mesure, canadiennes : le voyageur, par définition étranger aux subtilités démographiques des endroits qu'il visite, peut se retrouver au cœur de zones au mieux, à éviter, au pire, carrément dangereuses. Si le centre-ville est relativement sécuritaire (personne n'y habite vraiment, sa vocation étant strictement commerciale ou professionnelle), un large anneau l'entourant est quadrillé de quartiers défavorisés et de terrains vagues. Puis, j'ai visité Buffalo NY, une autre ville américaine que l'on boude au profit de Niagara Falls, située à moins de 30 minutes en voiture. Cet endroit est tout à fait charmant, son centre-ville surtout, car il regorge d'édifices de style Art Déco et un train léger y circule. Puis, dans le port de Buffalo, il est possible de parcourir l'intérieur de trois bateaux militaires (dont un sous-marin). Une occasion à ne pas manquer et qui, ma foi, est fort digne d’intérêt. Maintenant, quelques mots sur la destination suivante : Rochester, une jolie ville du nord-ouest de l'État de New York sise au bord du grand lac Ontario. J'y ai visité une demeure magnifique : celle de George Eastman, l'inventeur de la caméra Kodak. Cet endroit est vraiment surprenant, tant par sa beauté, sa superficie que son classicisme. En fait, Eastman fut le Bill Gates de son temps. En effet, au tournant du 20e siècle, il a mis en marché un produit inédit, désiré par tous, facile d'emploi, à un prix abordable... et en situation de monopole pendant plus de 70 ans! Pourquoi Kodak? Parce que ce mot inventé de toutes pièces est facile à prononcer et à retenir dans toutes les langues. La George Eastman House est maintenant un musée des plus agréables à visiter. Et puis, je vous le confirme : Linda Eastman-McCartney n'avait aucun lien de parenté avec George, un célibataire endurci. Enfin, à 1 ½ heure au sud de Rochester, il faut absolument se rendre dans la petite ville de Corning où un superbe musée du verre nous enchante littéralement. Il est aussi possible d’acquérir quelques belles œuvres à un prix assez abordable. Des secrets bien gardés qu’il faut vraiment propager! 

 

 

Un élément Art Déco aperçu à Columbus,Ohio

 

 

Le Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland, Ohio, est situé au bord du grand lac Érié

 

 

La ville de Buffalo, New York, peut s’enorgueillir d’un superbe jardin botanique

 

 

La George Eastman House est un véritable bijou à visiter à Rochester, New York

 

 

Le State Capitol de l’État de New York, à Albany, vaut vraiment le détour. Une visite guidée gratuite est fortement recommandée!

 

 

L’heure est au bilan…

      

Bilan des 10 ½ mois de voyage : près de 19 000 km parcourus seule en voiture dans six provinces canadiennes et 20 États américains, quatre États australiens visités pendant deux mois, plus de 85 hôtes et hôtesses et autant de gens rencontrés sur ma route, quelque 3 500 photos croquées, une entrevue sur les ondes de Radio-Canada Sudbury, deux émissions de radio communautaire diffusées à Victoria BC, aucun incident ou bris mécanique et des centaines de paysages à couper le souffle. 

 

 

J’ai installé avec fierté les deux cartes routières du Canada et des États-Unis au mur de mon bureau à la maison. Les boutons multicolores témoignent des étapes de mon périple

 

 

*La « Aussie Pass » est offerte par la compagnie aérienne australienne Qantas Airlines aux non-Australiens.

Consultez le site internet de cette compagnie pour en savoir davantage.
 
 
Voici les adresses internet des associations de voyageurs mentionnées dans le présent article
 
. 5W (Women Welcome Women World Wide) : www.womenwelcomewomen.org.uk
. Couchsurfing : www.couchsurfing.com
. Hospitality Club : www.hospitalityclub.org
 
 
Sylvie Fortin 
sylvieclairef@yahoo.ca

 

 

SAMEDI 23 MAI 2009

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