Le Maroc - 1er chapitre

par

Robert Laquerre

 
Il me fait plaisir encore une fois de vous présenter de façon narrative et descriptive les endroits que nous avons visités et les moments forts de notre voyage au Maroc qui s'est déroulé du 13 janvier au 10 février 2004. Il se peut que vous trouviez que le récit contient des données semblant à prime abord superflus mais comme mon intention première est de faire profiter ceux et celles pour qui le Maroc les intéresse, j'ai décidé d'y consigner tout ce dont je crois être utile au futur voyageur.
 
Le récit s'échelonne sur cinq épisodes incluant celui-ci.  Si je peux me rendre utile en vous refilant certains renseignements, n'hésitez surtout pas à m'en faire la demande. Je serai ravi de vous aider à vivre une aussi belle expérience de voyage.
 
Je vous souhaite une bonne lecture.

                

Introduction

 
Encore une fois cette année nous avons fait partie d'un groupe......de deux personnes, moi et mon épouse. Si nous avons adopté cette façon de voyager, c'est que nous nous voyons mal devoir être cédulés pour les lever, les repas, les visites... etc. Nous préférons jouir de notre liberté à contempler des paysages, à dévier de notre route si un endroit nous a été fortement recommandé et aussi à préserver notre intimité et notre besoin d'être seuls. Je ne nie pas le fait que les voyages en groupe aient aussi leurs bons côtés. D'ailleurs, si je me rendais en Chine par exemple, j'aimerais bien profiter des avantages que procurent cette formule.
 
Une première suggestion, si vous me le permettez, serait d'apprendre quelques mots d'arabe que l'on emploie régulièrement comme bonjour, merci, comment ça va, au revoir, etc........ et qui vous rendront tellement plus sympathiques aux yeux des marocains. Il serait sage aussi de lire un peu sur les usages et les coutumes du pays afin de vous éviter des situations embarrassantes. Par exemple enlever ses chaussures non seulement à la mosquée mais aussi dans les maisons dont les planchers sont recouverts de tapis.
 
Il s'agissait pour nous de notre deuxième visite en terre marocaine puisque déjà nous étions à Marrakech le 31 décembre 1999 pour célébrer l'arrivée du nouveau millénaire. Cette fois-ci nous voulions vivre une expérience différente de la première en tentant si possible de nous fondre parmi la communauté marocaine.
 
Dans le Routard, j'ai pu me mettre en communication avec une agence de voyage basée à Marrakech. Le propriétaire est un belge d'origine et plutôt que de prendre sa retraite il s'est dit qu'il avait encore de bonnes années devant lui et a décider d'ouvrir une agence qui se nomme PAMPA VOYAGE MAROC. On peut le rejoindre par courriel aux adresses suivantes: pampa@iam.net.ma ou encore EDMOND@pampa.ma . Si vous devez transiger avec une agence, je vous recommande très fortement cette adresse car Edmond, le proprio, est d'une affabilité et d'une gentillesse sans pareil. Il est patient et il s'adapte à vos besoins, que ce soit à Marrakech ou partout ailleurs au Maroc. De plus, il aime son travail et il a su s'entourer de personnel marocain qui a adopté sa philosophie quant au service à la clientèle. Si vous lui demandez de vous conseiller sur certaines destinations ou logement, il se fera un plaisir de vous donner son appréciation. Les personnes qui ont lu mon récit en Égypte savent l'importance de dénicher la perle rare afin que le voyage ne soit entaché par de mauvaises références ou que les établissements ne correspondants pas à votre demande originale. 
 
Je dois vous signaler que mon fils cadet travaille avec une consœur douanière d'origine marocaine et lorsqu'elle a su que nous serions en vacance au Maroc, elle nous a offert l'opportunité de vivre dans les deux appartements que possèdent sa mère à Tanger et à Casa. C'était une situation inespérée que de vivre parmi le peuple. Les marocains que je connais sont de bons vivants et aimant rendre service.
 
Autre point intéressant, c'est que nous voulions dès le départ être plongé dans l'ambiance marocaine et c'est pourquoi nous avons opté pour la compagnie Royal Air Maroc. Nous n'avons pas noté de différences marquées qui feraient en sorte de choisir une autre compagnie. Au contraire, le service était courtois et les hôtesses avaient le sourire plaisant et non forcé. Il y avait deux choix de repas et il aurait fallu être difficile pour les critiquer. Pendant l'envolée, nous avons vu un passager déposer un petit tapis au sol et s'installer dans l'espace plus large de l'appareil pour faire sa prière. D'autres demeuraient assis et s'adonnaient à leur pratique religieuse. Tout cela se faisait discrètement sans incommoder qui que ce soit. Dernier point qui n'est pas à dédaigner c'est que la Royal Air Maroc offre un vol direct de Dorval vers Casa.
 
 
Arrivée à Casablanca
 
 
Le départ s'est effectué comme prévu à 18:25 heures et le vol vers Casa s'est très bien déroulé et nous devions même atterrir à 06:15 heures, en avance de 15 minutes sur l'horaire prévue. Comme dans presque tous les voyages il arrive bien souvent des imprévus. Notre avion survolait Casa depuis quelques instants et le pilote ne semblait pas vouloir amorcer l'atterrissage. Après qu'une vingtaine de minutes ne se soit écoulées on nous annonça que l'avion ne pourrait atterrir à Casa à cause du brouillard et que notre vol était dérouté vers Marrakech.
 
L'avion s'est posé sur la piste de Marrakech à 07:15 heures et on nous a prévenu que l'escale durerait près de deux heures, le temps que le brouillard se dissipe dans le ciel de Casa. On m'a confirmé que cette situation est plutôt fréquente à cette période de l'année. J'ai alors demandé au Chef du personnel de bord de quelle façon je pouvais communiquer avec un ami marocain qui lui m'attendait à Casa pour me remettre les clefs des appartements. Il m'a regardé avec un sourire en m'offrant d'utiliser son cellulaire. Malheureusement, mon correspondant avait omis d'ouvrir la sonnerie de l'appareil. Nous étions donc condamner a attendre et à espérer que cette situation ne chamboule pas nos plans.
 
Le personnel de bord avait autorisé les passagers à se délier les jambes à l'extérieur de l'appareil et à s'oxygéner en air naturel. Je remontais la passerelle et je me dirigeais vers mon siège quand mon regard s'est porté sur le visage d'un individu qui me semblait familier. J'ai ralenti mon pas afin de mieux fixer l'individu. Mais non, je ne me trompais pas. C'était l'ancien Chef d'escale de la Royal Air Maroc que j'avais connu à Mirabel et qui par la suite avait été muté à Dorval lors du transfert des vols. J'avais par la suite perdu contact avec lui et il travaillait maintenant à Casablanca comme responsable de la sûreté des vols. Après des retrouvailles heureuses, il m'a remis sa carte d'affaire en me demandant de lui loger un appel lors de notre retour à Casa.
 
L'avion redécolle à 09:00 heures et le gros porteur se pose sur la piste de Casa à 09:30 heures. A notre descente d'avion on complète les formalités policières et douanières sans problème. A notre sortie de la salle des bagages nos regards se dirigent vers la foule qui attend l'arrivée des passagers et nous espérons que la personne qui devait nous rencontrer pour nous remettre les clefs des appartements nous ait remarqué.  Comble de chance, il était là tout souriant et en me donnant une généreuse poignée de main il me formule un "Salam alekum".

 

On s'est dirigé vers un petit café le temps de discuter de choses que je devais connaître concernant les logements et leur environnement. Samir est le frère de la collègue de travail de mon fils et son travail consiste à exporter des légumes du Maroc vers l'Europe. Il loue des terres à Agadir et achète les récoltes. Les légumes qui rencontrent les normes européennes (grosseur, poids, etc...) sont exportées et l'autre partie est destinée au marché local. Il se propose de cultiver du maïs prochainement. Il procure du travail qui fait vivre 150 familles. Je voulais entendre des sujets un peu plus épicés et je me suis tenté de lui demander quelles étaient les relations entre les musulmans et les juifs lorsque ceux-ci vivaient en grand nombre au Maroc. Il m'a dit que lorsque les Arabes ont été chassés d'Espagne, les Juifs avaient dû les suivre puisqu'ils étaient alliés avec les Arabes. Les Juifs et les Marocains vivaient normalement et les jeunes se voisinaient sans faire allusion à leur origine. Une petite anecdote que le préposé à la réception de l'hôtel à Marrakech m'a confié. Il me disait que les juifs marocains sont plus marocains que les marocains d'origine car lors d'une visite chez un ami juif marocain maintenant installé en Israël, il avait été surpris de voir pendre sur le mur de son salon le drapeau marocain .
 
Il était temps pour nous de nous rendre à la gare située sous l'aéroport de Casa (même principe qu'à Mirabel) afin de prendre le train qui nous mènera à une gare de transit d'où l'on changera de train en destination de Tanger.
 
 
Tanger - 2 jours
 
 
Le train file à bonne allure et les wagons sont confortables. Il y a deux classes de wagons et la différence outre le prix, réside que dans la première classe la cabine accommode 6 passagers sur des sièges individuels tandis que la seconde classe permet à huit passagers de prendre place sur des banquettes. Pour de courtes distances il ne vaut pas la peine de payer plus cher pour la première classe. Toutefois, pour des trajets plus longs, nous avons privilégié la première classe. La différence dans le tarif peut varier selon les distances parcourues de 30 à 60 dirhams soit l'équivalent de $5.00 à $10.00 par personne. Lors de l'émission de votre billet on vous assigne une cabine et un numéro de siège. Pour le trajet Fès / Marrakech, soit la distance la plus longue en train, le prix du billet vous revient à 254.50 dirhams. Il aurait été moindre si nous avions pris le train lors des heures de pointe. J'ai remarqué à bord des trains que nous avons utilisés la présence de policiers en civil qui ont pour tâche de veiller à la sécurité des voyageurs, de décourager les importuns ou encore ceux qui auraient l'intention de voler des objets aux voyageurs. Selon les remarques que j'ai pu glaner des autres voyageurs cette initiative a vraiment portée fruit.
 
À l'extérieur de la gare, nous hélons un taxi qui nous conduit au logement. J'avais déjà dit au chauffeur que j'étais familier avec l'endroit et que la course ne devait pas être supérieur de 20 dirhams. Ça, c'est le truc que Samir m'avait donné au cas où je prendrais un taxi n'ayant pas de compteur et la ruse a fonctionné. On m'avait avisé qu'il arrive que des chauffeurs de taxi peu scrupuleux exigent des prix trop élevés si vous n'avez pas négocié le prix avant le début de la course. Pendant le trajet, le chauffeur nous confiait que les Marocains craignent les fondamentalistes qui veulent bannir tous les produits américains tels Coca-cola, MacDonald, etc... du pays.
 
L'appartement est situé dans un immeuble qui compte cinq étages et qui est doté d'un ascenseur. Dès notre arrivée, je sentais que l'on nous observait et quand les gens ont vu en plus nos valises, certains se questionnaient à savoir qui sont ces étrangers qui débarquent dans l'immeuble. Jamais nous n'avons senti d'hostilité de leur part mais l'effet de surprise était normal. J'ai dit mon "Salam alekum" au concierge et immédiatement le sourire est apparu en formulant aussi "Salam alekum". J'ai poursuivi en lui demandant " labès? "(ça va) et dès lors il est parti à me jaser en arabe et j'ai dû l'arrêter pour lui signifier que je ne maîtrisais pas la langue. L'important, c'est que j'avais brisé la glace.
 
À l'étage, nous découvrons un grand 5 1/2 pièces. L'immeuble fait face à une école secondaire mixte qui est ceinturée d'un mur d'environ huit pieds d'hauteur et l'entrée est contrôlée par un poste de garde. Le logement est très bien situé car il est près d'une grande artère qui nous mène aux sites que nous désirons visiter.
 
Il n'y a rien de mieux que de découvrir un endroit par la marche et c'est de cette façon que nous avons amorcé notre visite. Du logement à la médina, il faut compter environ 30 minutes de marche en longeant la rue Fès qui nous mène directement vers la médina, le petit et le grand Socco et la Kasbah. Là, comme beaucoup d'autres villes situées hors de l'Amérique, la pollution des gaz d'échappement est omniprésente.

 

Tanger est une ville située à environ 16 Km des côtes espagnoles et subi encore aujourd'hui l'influence de ce pays. D'ailleurs, l'Espagne possède encore les territoires de Sebta et de Ceuta en sol marocain. Partout dans la ville on peut voir des écoles, des bibliothèques et même un centre culturel espagnol. Quand nous sommes passés près du consulat d'Espagne, de nombreuses personnes faisaient la file pour compléter les formulaires qui leur permettraient d'entrer légalement dans ce pays. D'autres qui savent que leur requête sera rejetée tentent de traverser à la nage la distance qui les sépare de leur Eldorado. Beaucoup d'entre eux périssent noyés mais cela n'empêche pas de nouvelles tentatives pour les plus téméraires. De la Place des Paresseux, située dans la Ville nouvelle il est possible de distinguer les côtes espagnoles.
 
Dans le petit Socco, j'ai été impressionné à la vue de deux immenses canons installées sur un petit belvédère qui domine le port. Ils font face à la mer et les canonniers d'alors pouvaient les faire pivoter selon la position de l'armada ennemie afin de les empêcher de pénétrer dans le port.
 

Du petit Socco, la rue des Almohades nous conduit jusqu'à la Kasbah que l'on peut visiter, et de là, cet endroit nous offre une vue très intéressante de la Baie de Tanger et de son port. Le Grand Socco est un endroit très animé où l'on retrouve des boutiquiers très actifs.

 
Le soir venu après une longue journée de marche et d'escalade nous nous sommes arrêtés à un restaurant populaire qui se nomme Alhambra et qui est situé rue du Mexique, près des lieux touristiques. Nous y avons dégusté un steak et une omelette servis avec pain et frites pour la somme dérisoire de 40 dirhams soit environ $6.00 canadien. On s'entend pour dire que mon steak n'était pas du filet mignon mais quand même.
 
J'ignore la distance que nous avons parcourue aujourd'hui, mais nous étions heureux de rentrer à la maison et de prendre une bonne douche. On ne s'est pas fait prier pour se coucher tôt.
 
Le lendemain matin, nous nous sommes mis à la recherche d'un chauffeur de taxi qui nous mènerait à Cap Spartel afin de visiter les Grottes d'Hercule. Mais auparavant nous devions négocier le prix de la course aller / retour en incluant le temps d'attente pour la visite. On m'avait dit de prévoir trois heures pour la durée de cette randonnée. Jalila, la collègue de travail de mon fils, m'avait dit que je devrais m'en sortir pour 150 dirhams. En fait, il m'en a coûté 200 dirhams mais mon chauffeur a été plaisant tout le long du parcours et s'arrêtait pour me permettre de filmer de belles scènes. Ces grottes datent de plus de 2500 ans avant Jésus Christ.
 
 
**Nous sommes ici à l'intérieur des grottes d'Hercule d'où nous pouvons apercevoir la mer. À remarquer l'ouverture qui
   prend la forme du continent africain inversé. 
 
Du haut de la falaise, on voit les eaux de l'Atlantique et de la Méditerranée se mélanger. Puis on gagne les Grottes d'Hercule. Ce sont des cavernes naturelles où la mer pénètre à marée haute et dont l'ouverture a la forme du continent africain inversé.
 
Nous avons profité des instants libres pour nous rendre à la banque afin de débourser mon acompte à l'agence Pampa pour la réservation d'hôtels pour les journées subséquentes. J'avais refusé d'effectuer cette transaction depuis le Québec craignant que quelqu'un ne s'approprie mon numéro de carte de crédit et s'offre des vacances à mes dépens. Edmond avait accepté cette façon de procéder. René, notre webmestre, nous met tellement en garde que si j'avais passé outre à ses nombreuses mises en garde je n'aurais eu aucune explication logique à donner.
 
À suivre:  Fès.